Jaar, serpiente, serpent 

Tissage 30 cm x 1200 cm
2016








  • “Ce serpent fut tissé, en mai 2016 à Dakar, par un jeune tisserand venant de Guinée Bissau. Pendant une semaine, nous avons cherché lors de nos rencontres un accord entre ses tissages et mes dessins de motifs colorés.

    Nous nous sommes retrouvés en zone de négociation.

    Pour échanger, nos univers et nos cultures trouvèrent refuge en de multiples traductions. Grâce à Khouma, pour passer du Wolof au français, au travers de quelques mots en portugais (langue de la Guinée Bissau et du Brésil, où mon grand-père est né), par des gestes du corps et des mains, les expressions du visage, mais aussi par des images. Une autre rythmique d’échange s’instaura qui permis « la création d’un langage » et l’apparition d’un territoire commun. Tous deux venus d’ailleurs, dans cet atelier extérieur bâti sur le sol sablé sénégalais, où je cherchais à renouer avec mon passé tandis que le jeune tisserand tissait son présent. C’est par un voyage dans le temps que le serpent s’introduit. Il surgit en Amazonie, pour ensuite prendre forme en France et serpenter jusqu’au Sénégal cherchant dans ces terres à se compléter, à se renouveler, à muer symboliquement pour trouver une nouvelle forme ou une nouvelle peau dans laquelle s’abriter.”